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ETF défense : le guide complet pour investir en 2026

Les 3 points à retenir

  • Un seul ETF défense entre dans un PEA : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD).
  • 21 ETF défense sont accessibles en France, dont 4 concentrent 86 % des encours.
  • Après +53 % en 2024 et +49 % en 2025, le secteur a perdu environ 10 % entre mi-août et mi-septembre 2026.

C'est un placement de conviction, pour une part limitée du portefeuille.

Les 3 points à retenir

  • Un seul ETF défense entre dans un PEA : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD).
  • 21 ETF défense sont accessibles en France, dont 4 concentrent 86 % des encours.
  • Après +53 % en 2024 et +49 % en 2025, le secteur a perdu environ 10 % entre mi-août et mi-septembre 2026.

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Pourquoi la défense est un secteur à part ?

Dans la défense, ce sont les États qui achètent, et leurs dépenses militaires augmentent chaque année depuis onze ans.

Des dépenses militaires au plus haut depuis 2009

Selon le rapport annuel du SIPRI publié le 27 avril 2026, (l'institut de Stockholm qui fait référence sur le sujet), les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025.

C'est la onzième année consécutive de hausse, et une progression de 41 % depuis 2015.

L'Europe est le moteur de cette hausse :

  • +14 % en un an, à 864 milliards de dollars
  • les 29 pays européens de l'OTAN ont dépensé 559 milliards de dollars
  • l'Allemagne a augmenté son budget de 24 %, l'Espagne de 50 %.

Lorenzo Scarazzato, chercheur au SIPRI, résume : « le monde se sent moins en sécurité et dépense davantage pour ses forces armées ».

depenses-militaires-mondiales-sipri-2015-2025

Un engagement de 5% du PIB jusqu'en 2035 et des budgets déjà programmés jusqu'en 2030

Le 25 juin 2025, au sommet de La Haye, les membres de l'OTAN se sont engagés à porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB d'ici 2035 : 3,5 % pour les besoins militaires de base, et 1,5 % pour la protection des infrastructures critiques, le cyber et l'innovation (l'objectif précédent était de 2 %).

Selon le Kiel Institute for the World Economy, l'un des principaux instituts de recherche économique allemands, tenir cet engagement représenterait pour les membres européens de l'Alliance jusqu'à 831 milliards d'euros de dépenses de sécurité supplémentaires chaque année.

Les grands pays européens ont déjà traduit cet objectif en chiffres :

Pays ou zone Point de départ Objectif annoncé Source
Union européenne Près de 400 Md€ dépensés en 2025 (+17 % sur un an) Environ +80 Md€ en 2026, soit 2,5 % du PIB européen BNP Paribas Economic Research, mars 2026
Allemagne Environ 75 Md€ en 2024 Près de 153 Md€ en 2029, soit 3,5 % du PIB Le Grand Continent
France 32 Md€ en 2017 64 Md€ en 2027, puis 36 Md€ supplémentaires prévus sur 2026-2030 Ministère des Armées, juillet 2026
Plan européen ReArm Europe / Readiness 2030 Lancé le 4 mars 2025 Jusqu'à 800 Md€ mobilisables d'ici 2030, dont 150 Md€ de prêts aux États (programme SAFE) Commission européenne

Pour les investisseurs, ce point compte : ces montants ne dépendent pas de la conjoncture ou des ventes de l'année, mais de lois de programmation et de plans pluriannuels déjà votés ou annoncés.

Une préférence européenne qui profite aux industriels du continent

L'argent dépensé ne va pas seulement aux armées : il va de plus en plus à l'industrie européenne.

Selon BNP Paribas Economic Research, près de la moitié du matériel militaire acheté dans l'Union européenne provient encore de l'extérieur, essentiellement des États-Unis.

Bruxelles cherche à inverser la tendance, notamment avec le programme SAFE (Security Action for Europe : la Commission européenne emprunte sur les marchés et prête jusqu'à 150 milliards d'euros aux États membres, à des conditions avantageuses, pour financer leurs achats d'armement).

Ces prêts sont réservés aux projets dont les composants non européens représentent moins de 35 % de la valeur. Début 2026, les plans de huit pays avaient déjà été approuvés, pour un total de 38 milliards d'euros.

Le mouvement est déjà visible dans les chiffres : les achats d'équipements des armées de l'UE ont dépassé pour la première fois 100 milliards d'euros en 2025.

Le 13 juillet 2026, Emmanuel Macron a appelé les industriels à « bâtir des standards européens et une vraie préférence européenne ».

Une part croissante des budgets doit donc revenir à des groupes comme Thales, Rheinmetall, Leonardo, Saab ou Dassault Aviation, qui composent l'essentiel des ETF défense européens. Ces sociétés s'achètent aussi une par une : notre guide des actions armement présente les onze valeurs cotées en Europe et leur éligibilité au PEA.

Des commandes déjà signées avec plusieurs années d'activité en stock

Dassault Aviation a 45,4 milliards d'euros de commandes signées et facture environ 8,5 milliards d'euros par an. Même sans vendre un seul avion de plus, ses usines ont donc du travail pour plus de cinq ans.

Et c'est le cas pour l'ensemble des grands acteurs, leur carnet de commandes est plein pour plusieurs années : 

Entreprise Carnet de commandes Chiffre d'affaires annuel Années d'activité couvertes
KNDS (canon Caesar, char Leopard) 33,1 Md€ (fin 2025) 4,4 Md€ (2025) ≈ 7,5 ans
Dassault Aviation 45,4 Md€ (30/06/2026), dont 208 Rafale ≈ 8,5 Md€ (objectif 2026) ≈ 5,3 ans
Rheinmetall 63,8 Md€ (fin 2025) accords-cadres inclus 14 à 14,5 Md€ (objectif 2026) ≈ 4,5 ans
Airbus Defence and Space 50,7 Md€ (fin 2025) 13,4 Md€ (2025) ≈ 3,8 ans
Thales 53,3 Md€ (fin 2025) 22,1 Md€ (2025) ≈ 2,4 ans

Sources : communiqué Dassault Aviation du 22 juillet 2026, publications annuelles des sociétés. Calcul XTB : carnet de commandes divisé par le chiffre d'affaires annuel. KNDS n'est pas cotée en Bourse.

En conclusion : pourquoi ce secteur attire les investisseurs ?

La défense offre une visibilité rare en Bourse, et elle repose sur des chiffres publics :

  • des dépenses mondiales record, à 2 887 milliards de dollars en 2025, dont +14 % en Europe ;
  • des budgets programmés jusqu'en 2030 : 153 milliards d'euros visés par l'Allemagne en 2029, un budget français doublé en dix ans, un plan européen de 800 milliards ;
  • des industriels qui ont entre deux et sept ans de travail déjà signé.

C'est en Europe que l'accélération est la plus forte, et les règles comme le programme SAFE orientent de plus en plus ces budgets vers les industriels du continent. Pour un investisseur qui veut s'exposer spécifiquement à cette dynamique, ce sont donc les ETF défense européens qui sont concernés en premier lieu. Nous les présentons dans la partie suivante.

Ces perspectives ont toutefois un prix, que la Bourse a déjà largement intégré dans les cours. Avant d'investir, il est nécessaire de lire aussi la partie consacrée aux risques.

 

Quels ETF défense sont accessibles en France ?

21 ETF défense sont accessibles en France, et la plupart ont été lancés en 2025. Cet afflux de nouveaux fonds montre l'engouement des investisseurs pour le secteur.

À noter que les termes "ETF défense" et "ETF armement" désignent les mêmes fonds même si les émetteurs utilisent tous le terme anglais « defence » dans la dénomination de l'ETF.

Tous sont à réplication physique (le fonds détient réellement les actions) et presque tous capitalisants. Voici le tableau comparatif des dix ETF défense qui dépassent 100 millions d'euros d'encours : 

ETF Ticker ISIN Indice suivi TER Encours Lignes Zone PEA Lancement
VanEck Defense UCITS ETF DFNS IE000YYE6WK5 MarketVector Global Defense Industry 0,55 % 6 148 M€ 45 Monde Non 31/03/2023
WisdomTree Europe Defence UCITS ETF WDEF IE0002Y8CX98 WisdomTree Europe Defence 0,40 % 4 373 M€ 41 Europe Non 04/03/2025
HANetf Future of Defence UCITS ETF NATO IE000OJ5TQP4 EQM NATO+ Future of Defence 0,49 % 2 833 M€ n.c. Monde Non 2023
iShares Global Aerospace & Defence UCITS ETF DFND IE000U9ODG19 n.c. 0,35 % 1 562 M€ n.c. Monde Non 2024
Amundi Stoxx Europe Defense UCITS ETF DEFS LU3038520774 STOXX Europe Total Market Defense Capped 0,35 % 547 M€ 24 Europe Non 12/05/2025
BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense UCITS ETF GUARD LU3047998896 Bloomberg Europe Defense Select 0,35 % 521 M€ 34 Europe Oui 19/05/2025
Global X Defence Tech UCITS ETF — IE000JCW3DZ3 n.c. 0,50 % 451 M€ n.c. Monde Non 2024
iShares Europe Defence UCITS ETF DFNC IE000IAXNM41 STOXX Europe Targeted Defence 0,35 % 356 M€ n.c. Europe Non 2025
HANetf Future of European Defence Screened — IE000I7E6HL0 n.c. 0,39 % 157 M€ n.c. Europe Non 2025
Invesco Defence Innovation UCITS ETF — IE000BRM9046 n.c. 0,35 % 135 M€ n.c. Monde Non 2024

Source : justETF, au 17/09/2026.

etf defense encours comparatif 2026

21 ETF défense existent, mais 4 concentrent 86 % des 17,4 milliards d'euros investis : DFNS, WDEF, NATO et DFND.

ETF Europe ou ETF monde : lesquels suivent la dynamique européenne ?

Comme on l'a vu plus haut, c'est en Europe que les budgets accélèrent le plus, et ils sont de plus en plus fléchés vers les industriels européens. Or tous les ETF défense ne sont pas exposés à cette dynamique de la même façon.

  • Les ETF européens (WDEF, GUARD, DEFS, DFNC) n'investissent que dans des sociétés du continent : Thales, Rheinmetall, Leonardo, Saab, BAE Systems, Safran ou Airbus. Ce sont les premiers concernés par la préférence européenne. GUARD est le seul éligible au PEA.
  • Les ETF mondiaux (DFNS, NATO, DFND) placent environ la moitié de leur portefeuille aux États-Unis. Ils profitent aussi de la hausse des budgets européens, puisque près de la moitié du matériel acheté en Europe est encore américain, mais c'est justement la part que Bruxelles cherche à réduire.

Les ETF européens ont une contrepartie : lancés en 2025, ils n'ont pas encore traversé de marché baissier, et ils sont plus concentrés que les ETF mondiaux.

1. VanEck Defense UCITS ETF (DFNS) : le plus gros, le plus mondial, le plus cher

  • Frais (TER) : 0,55 % par an, les plus élevés des grands ETF
  • Encours : 6 148 M€, le plus important de la catégorie
  • Éligible au PEA : Non (49 % d'actions américaines)

Avec 6,1 milliards d'euros, l'ETF VanEck Defense DFNS pèse plus que les dix-sept derniers fonds de la liste réunis. Lancé en mars 2023, c'est l'un des deux seuls grands ETF du secteur à disposer de trois ans d'historique. Sur trois ans, il a progressé de 151 % (en euros, au 31/08/2026).

Son portefeuille de 45 lignes est mondial : 49 % États-Unis, 9 % France, 9 % Corée du Sud, 7 % Israël.

Ses premières positions sont RTX (9,8 %), Palantir (7,6 %), Thales (7,3 %), Leonardo (6,9 %) et l'israélien Elbit Systems (5,9 %). Airbus et Safran ne figurent pas dans ses dix premières lignes.

Les dix premières positions pèsent 60 % du fonds. Ses frais de 0,55 % par an, sont parmi les plus élevés de la catégorie.

Dans quel cas privilégier DFNS ?

Pour l'exposition la plus large et la plus « militaire » du secteur. Son indice MarketVector ne retient que des sociétés qui tirent l'essentiel de leurs revenus de la défense, sur tous les continents : États-Unis, Corée du Sud, Israël, Europe. Airbus et Safran, à dominante civile, restent hors du top 10.

C'est aussi le fonds le plus liquide et le seul mondial avec trois ans de recul.

En contrepartie : les frais les plus élevés de la sélection, la moitié du portefeuille en dollars (donc un risque de change), et un compte-titres obligatoire.

2. WisdomTree Europe Defence (WDEF) : le plus gros ETF européen

  • Frais (TER) : 0,40 % par an
  • Encours : 4 373 M€, le plus gros ETF défense européen
  • Éligible au PEA : Non (26 % de Royaume-Uni)

Lancé en mars 2025, WDEF a collecté 4,4 milliards d'euros en dix-huit mois. Il détient 41 sociétés, toutes européennes, et ses dix premières lignes pèsent 64 % du fonds.

Ses trois premières positions sont des groupes à dominante militaire : BAE Systems (10,3 %), Thales (9,9 %) et Rheinmetall (9,1 %). Airbus, Safran et Rolls-Royce y pèsent environ 5 % chacun, soit deux fois moins que dans les ETF d'Amundi et de BNP Paribas.

Avec 26 % de Royaume-Uni, il n'est pas éligible au PEA et ses frais s'élèvent à 0,40 %.

Dans quel cas privilégier WDEF ?

Pour miser sur le réarmement européen sans diluer l'exposition dans l'aéronautique civile. C'est la spécificité de son indice : Airbus, Safran et Rolls-Royce sont plafonnés autour de 5 % chacun, et ce sont BAE Systems, Thales et Rheinmetall qui pèsent le plus. Avec 4,4 milliards d'euros d'encours, c'est aussi le plus liquide des ETF Europe, à des frais intermédiaires. Deux limites : il n'entre pas dans un PEA, et lancé en 2025, il n'a pas encore traversé de marché baissier.

3. HANetf Future of Defence (NATO) : défense et cybersécurité

  • Frais (TER) : 0,49 % par an
  • Encours : 2 833 M€
  • Éligible au PEA : Non (environ 50 % d'États-Unis)

NATO suit un indice d'entreprises qui bénéficient des dépenses de défense des pays de l'OTAN et de leurs alliés, cybersécurité comprise. Son exposition géographique est proche de celle de VanEck, avec environ la moitié du fonds aux États-Unis.

C'est le grand ETF qui a le mieux résisté en 2026 : +18,3 % au 31/08, contre +3,2 % pour DFNS, après +40,8 % en 2024 et +37,3 % en 2025. Sur trois ans, il affiche +156 %.

Son encours s'élève à 2,8 milliards d'euros et ses frais à 0,49 %.

Dans quel cas privilégier NATO ?

Pour combiner défense et cybersécurité en une seule ligne. Son indice EQM NATO+ est le seul des grands ETF à inclure explicitement des valeurs cyber aux côtés des industriels de l'armement, ce qui explique en partie sa meilleure tenue en 2026. Comme DFNS, il est mondial, à moitié américain et dispose de trois ans d'historique, pour des frais un peu inférieurs (0,49 % contre 0,55 %). Compte-titres uniquement. Il fait doublon avec un ETF cybersécurité déjà détenu.

4. iShares Global Aerospace & Defence (DFND) : le mondial le moins cher

  • Frais (TER) : 0,35 % par an, le moins cher des ETF mondiaux
  • Encours : 1 562 M€
  • Éligible au PEA : Non

DFND est la version BlackRock du thème et gère 1,6 milliard d'euros pour 0,35 % de frais, soit 0,20 point de moins que VanEck. Comme son nom l'indique, il mêle défense et aéronautique civile. Il a gagné +36,6 % en 2025 et +7,5 % en 2026 (au 31/08).

Dans quel cas privilégier DFND ?

Pour une exposition mondiale au moindre coût : 0,20 point de moins que DFNS chaque année, soit 20 € d'écart pour 10 000 € investis. La différence est dans l'indice : DFND inclut l'aéronautique civile, là où VanEck la filtre. Le fonds suit donc aussi le cycle du trafic aérien, ce qui rend l'exposition moins « pure » mais un peu plus diversifiée. Encours suffisant, historique plus court que DFNS, compte-titres obligatoire.

5. ETF BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) : le seul éligible au PEA

  • Frais (TER) : 0,35 % par an
  • Encours : 521 M€
  • Éligible au PEA : Oui, le seul de la catégorie

Lancé le 19 mai 2025, GUARD gère 521 millions d'euros répartis sur 34 sociétés. Sa géographie explique son éligibilité au PEA : 25 % France, 22 % Allemagne, 13 % Pays-Bas (Airbus) et seulement 18 % de Royaume-Uni.

C'est un fonds très concentré : ses dix premières lignes pèsent 85 % du portefeuille, avec en tête Safran (13,3 %), Airbus (13,0 %), Rolls-Royce (11,0 %) et Rheinmetall (10,2 %).

Dans quel cas privilégier GUARD ?

Dès lors que l'investissement passe par un PEA : c'est aujourd'hui le seul ETF défense qui y entre, avec l'avantage fiscal après cinq ans.

Son indice Bloomberg Europe Defense Select place Safran, Airbus, Rolls-Royce et MTU à 44,5 % du fonds, soit une exposition partagée entre défense et aéronautique civile. L'encours reste modeste, ce qui peut se traduire par des écarts de prix un peu plus larges qu'avec WDEF. Il existe aussi en part distribuante (LU3047998979) pour percevoir les dividendes plutôt que de les capitaliser.

6. Amundi Stoxx Europe Defense (DEFS) : souvent présenté à tort comme éligible au PEA

  • Frais (TER) : 0,35 % par an
  • Encours : 547 M€
  • Éligible au PEA : Non (26 % de Royaume-Uni)

Lancé le 12 mai 2025, DEFS gère 547 millions d'euros pour 0,35 % de frais. C'est le plus concentré de tous : 24 sociétés seulement, et dix lignes qui pèsent 87 % du fonds.

Le Royaume-Uni y représente 26 % : le fonds passe sous le seuil de 75 % d'actions européennes exigé pour le PEA. Nous y revenons dans la partie suivante.

Dans quel cas privilégier DEFS ?

En composition, DEFS ressemble à GUARD (mêmes grands noms, 40 % d'aéronautique civile, mêmes frais), mais sans l'éligibilité au PEA. En compte-titres, il n'apporte donc pas d'exposition différente de GUARD, et c'est WDEF qui se distingue par sa pondération. Son indice STOXX plafonné en fait le plus concentré de tous, à 24 lignes : dix sociétés font 87 % du fonds. Il peut convenir à un investisseur qui recherche précisément cette concentration sur les grandes valeurs européennes, chez un émetteur français coté à Paris.

Les autres ETF Défense en une ligne chacun

  • Global X Defence Tech (IE000JCW3DZ3) : 451 M€, 0,50 %. Meilleure performance de 2025 (+57,3 %), mais +3,1 % seulement en 2026.
  • iShares Europe Defence (DFNC, IE000IAXNM41) : 356 M€, 0,35 %. ETF européen, +10,8 % en 2026.
  • HANetf Future of European Defence Screened (IE000I7E6HL0) : 157 M€, 0,39 %. Version européenne avec filtre d'exclusion.
  • Invesco Defence Innovation (IE000BRM9046) : 135 M€, 0,35 %. Meilleure performance sur un an de la catégorie (+32,6 % au 31/08/2026).
  • First Trust Indxx Global Aerospace & Defence (IE000NVDQXE1) : 129 M€, 0,65 % de frais.
  • Dix ETF de moins de 50 M€ d'encours : ARK Space & Defence Innovation (41 M€, 0,75 %), Xtrackers Europe Defence Technologies (40 M€, 0,25 %), HANetf Drone (39 M€, -31 % sur trois mois), SPDR S&P Europe Defense Vision (26 M€, le moins cher à 0,20 %), HANetf Indo-Pac ex-China (18 M€), GUARD part distribuante (LU3047998979, 11 M€, seule part de la catégorie à verser les dividendes), Future of US Defence (7 M€), HANetf Future of Defence Screened (6 M€), WisdomTree Asia Defence (3 M€) et WisdomTree Global Defence (1 M€). Un encours faible signifie en général des écarts de prix plus larges à l'achat et à la vente, et un risque de fermeture du fonds.

En conclusion sur les ETF défense accessibles en France

Sur 21 ETF défense, dix dépassent 100 millions d'euros d'encours et quatre dépassent le milliard. Les frais des grands fonds vont de 0,35 % à 0,55 % par an : sur 10 000 € investis, l'écart représente 20 € par an. C'est réel, mais ce n'est pas ce qui distingue le plus ces ETF entre eux. Trois différences comptent davantage.

  1. L'enveloppe dans laquelle on peut le loger. Un seul ETF défense, GUARD de BNP Paribas, est éligible au PEA. Tous les autres ne peuvent être achetés que dans un compte-titres ordinaire, avec une fiscalité moins avantageuse.
  2. La zone géographique. Trois ETF n'investissent qu'en Europe (WDEF, GUARD, DEFS) : ce sont eux qui suivent directement la hausse des budgets européens et la préférence donnée aux industriels du continent. Les trois autres grands fonds (DFNS, NATO, DFND) sont mondiaux et placent environ la moitié de leur portefeuille aux États-Unis : leur valeur en euros dépend donc aussi de l'évolution du dollar.
  3. Ce que l'indice appelle « défense ». Airbus, Safran, Rolls-Royce et MTU Aero Engines réalisent l'essentiel de leur activité dans l'aviation civile. Selon l'ETF, ces quatre sociétés pèsent 15 % du fonds (WDEF) ou plus de 40 % (GUARD et DEFS). Deux ETF portant le même nom peuvent donc suivre des logiques très différentes.

La partie suivante détaille la question du PEA, la plus posée par les investisseurs français, et la plus souvent mal traitée.

 

ETF défense et PEA : lequel est vraiment éligible ?

Un seul ETF défense est éligible au PEA en septembre 2026 : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD, LU3047998896).

La règle : 75 % d'actions européennes

Pour entrer dans un Plan d'Épargne en Actions, un ETF à réplication physique doit détenir au moins 75 % d'actions de sociétés dont le siège est situé dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen.

Deux pays font échouer les ETF défense :

  • les États-Unis, qui pèsent environ la moitié des ETF mondiaux (DFNS, NATO) ;
  • le Royaume-Uni, sorti de l'Union européenne : BAE Systems, Rolls-Royce et Babcock comptent parmi les plus grosses valeurs du secteur en Europe.
ETF « Europe » Poids du Royaume-Uni Part UE / EEE au maximum Éligible PEA
GUARD (BNP Paribas) 18,3 % ≈ 82 % Oui
DEFS (Amundi) 26,2 % ≈ 74 % Non
WDEF (WisdomTree) 25,8 % ≈ 74 % Non

Source : justETF et reporting mensuel Amundi, compositions au 31/07/2026.

PEA ou compte-titres : ce que cela change

  1. Dans un PEA, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention ; seuls les prélèvements sociaux restent dus. Le choix d'ETF défense se limite à GUARD.
  2. Dans un compte-titres ordinaire, tous les ETF défense sont accessibles. Les plus-values sont taxées à 31,4 % (prélèvement forfaitaire unique) au moment de la vente. Avec un ETF capitalisant, ce qui est le cas de presque tous les ETF défense, aucune imposition ne s'applique tant que vous conservez vos parts.
  3. Des actions en direct dans le PEA. Thales, Safran, Dassault Aviation, Rheinmetall, Leonardo ou Saab ont leur siège dans l'Union européenne et sont éligibles. Cette voie demande de suivre chaque société individuellement.

En conclusion sur les ETF défense et le PEA

Dans un PEA, le choix se réduit aujourd'hui à un seul ETF défense : (GUARD, LU3047998896). Dans un compte-titres, vingt et un. Qu'en est il des performances passsées et des risques de l'investissement en ETF défense

 

ETF défense : performances et risques (à quoi s'attendre)

Année par année : deux envolées, puis un coup d'arrêt

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Les ETF défense ont connu deux années hors norme : +52,7 % en 2024 puis +49,3 % en 2025 pour le VanEck Defense. 2026 est très différente : +3,2 % sur les huit premiers mois pour ce même fonds, +18,3 % pour NATO.

Ce que 1 000 € placés début 2024 seraient devenus

  Fin 2024 Fin 2025 31/08/2026
DFNS 1 527 € 2 279 € 2 352 €
NATO 1 408 € 1 933 € 2 287 €

Simulation à partir des performances annuelles justETF (EUR, dividendes réinvestis), 1 000 € investis le 1er janvier 2024, hors frais de courtage et fiscalité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

L'essentiel du gain date de 2024 et 2025. Celui qui a acheté DFNS en janvier 2026 a gagné 3 % en huit mois. Et les ETF européens (WDEF, GUARD, DEFS), lancés au printemps 2025, n'ont pas connu la première partie de la hausse.

Septembre 2026 : -10 % en un mois

Entre mi-août et mi-septembre 2026, les quatre ETF ont reculé ensemble : -11,1 % pour GUARD, -10,8 % pour DEFS, -10,2 % pour WDEF, -9,8 % pour DFNS.

Sur un an glissant au 17 septembre, GUARD affiche -0,4 % et DFNS +1,9 %. Un investisseur entré en septembre 2025 n'a donc rien gagné en douze mois, tout en traversant une baisse de plus de 20 %.

Volatilité et pire chute

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La « perte maximale » est la plus forte baisse subie entre un point haut et le point bas suivant. Elle va de -19 % (WDEF) à -24 % (DFNS).

Attention à la lecture de ces chiffres : les historiques sont courts, trois ans au mieux, et aucun de ces fonds n'a traversé un vrai marché baissier. Une chute plus profonde est possible.

Ce que la Bourse a déjà payé

« Acheter au son du canon, vendre au son du clairon » : le vieil adage boursier rappelle que les bonnes nouvelles d'un secteur finissent toujours par être dans les cours.

Les budgets et les carnets de commandes décrits plus haut ne sont pas un secret. Sur la seule année 2025, Saab a progressé de 207 %, Rheinmetall de 125 %, Leonardo de 86 %, Thales de 61 % et Safran de 37 %.

En 2026, le mouvement s'est inversé pour certaines valeurs. Rheinmetall, l'action la plus pondérée dans les indices européens de défense, a perdu 44 % par rapport à son plus haut de début d'année, dont 18,65 % en une seule séance après l'abandon par Berlin du programme de frégates F126, un contrat de 12,8 milliards d'euros.

Les budgets militaires n'ont pas baissé entre 2025 et 2026. Ce qui a changé, c'est le prix que les investisseurs acceptent de payer pour y accéder.

Quatre raisons pour lesquelles le secteur peut décevoir

  1. Une avancée vers la paix. Chaque espoir de cessez-le-feu en Ukraine a fait reculer le secteur en 2025 et 2026. Selon le bureau d'études Oddo BHF, un accord toucherait d'abord les activités à cycle court comme les munitions, et les sociétés les plus exposées sont Rheinmetall, Hensoldt et Renk.
  2. Un client unique qui peut changer d'avis. L'annulation des frégates F126 l'a montré : un État peut abandonner un programme de 12,8 milliards d'euros, quitte à perdre les 2 milliards déjà engagés. Un carnet de commandes est un engagement, pas une garantie.
  3. Des budgets qui ne montent pas en ligne droite. En 2025, les dépenses militaires américaines ont reculé de 7,5 %, à 954 milliards de dollars, faute de nouvelle aide votée pour l'Ukraine. Une dépense publique dépend toujours d'un vote.
  4. Une capacité industrielle limitée. Signer une commande ne suffit pas : il faut des usines, des ingénieurs et des composants pour la livrer. Les retards de production pèsent désormais autant sur les cours que les annonces de budgets.

En conclusion sur le risque des ETF défense

Tous les grands ETF défense ont déjà connu une baisse d'environ 20 %, en moins de trois ans d'existence et sans marché baissier.

Il peut gagner 50 % en un an et en perdre 10 en un mois. Un horizon long et des versements étalés dans le temps réduisent le risque d'entrer au plus mauvais moment, sans l'éliminer.

 

Comment investir dans un ETF défense selon votre situation ?

Les recoupements à éviter

Un ETF World contient déjà RTX, Airbus, Safran ou BAE Systems, mais l'ensemble du secteur n'y pèse que quelques pour cent. Un ETF défense n'apporte donc pas de diversification : il apporte une surpondération délibérée d'un secteur que votre cœur de portefeuille ne fait qu'effleurer.

Si vous détenez un ETF Europe ou un ETF CAC 40, le recoupement est plus fort : Airbus, Safran et Thales y figurent déjà à des poids significatifs, et ce sont les premières lignes de GUARD et DEFS.

Si vous détenez un ETF cybersécurité, le recoupement existe avec NATO, qui inclut des valeurs cyber, et avec DFNS via Palantir.

Quel critère regarder selon votre situation ?

Votre situation Le critère à regarder Ce que montrent les données
Vous investissez uniquement via un PEA Éligibilité PEA Un seul ETF éligible : GUARD. Il contient 44,5 % d'Airbus, Safran, Rolls-Royce et MTU.
Vous cherchez la part d'aéronautique civile la plus faible en Europe Poids d'Airbus, Safran, Rolls-Royce, MTU WDEF : 15 %, contre 40 à 45 % pour DEFS et GUARD. Compte-titres uniquement.
Vous voulez une exposition mondiale Répartition géographique DFNS, NATO et DFND : environ 50 % États-Unis, avec un risque de change euro/dollar.
Vous regardez d'abord les frais TER De 0,35 % (DFND, DEFS, DFNC) à 0,55 % (DFNS). Sur 10 000 €, l'écart représente 20 € par an.
Vous placez un montant important en une fois Encours et liquidité DFNS (6,1 Md€) et WDEF (4,4 Md€) sont les plus gros fonds, donc en général ceux où l'écart entre prix d'achat et de vente est le plus serré.
Vous souhaitez percevoir des dividendes Politique de distribution Une seule part distribuante : GUARD Dist (LU3047998979), avec 11 M€ d'encours seulement.
Vous voulez le plus de recul historique Date de lancement DFNS et NATO : trois ans. Les ETF européens ont été lancés en 2025.

Ce tableau décrit les caractéristiques des fonds. Il ne constitue pas une recommandation d'achat.

Quelle place dans un portefeuille ?

Chez les investisseurs particuliers, un ETF thématique représente le plus souvent 5 à 10 % du portefeuille actions, le reste étant investi en ETF World ou ETF S&P 500. Il s'agit d'ordres de grandeur observés, pas d'une recommandation personnalisée : la part adaptée dépend de votre horizon, de votre tolérance aux baisses et de ce que vous détenez déjà.

 

En résumé sur les ETF défense

La défense est un secteur porté par des budgets publics en hausse : 2 887 milliards de dollars de dépenses mondiales en 2025, +14 % en Europe, un objectif OTAN de 5 % du PIB en 2035, et des industriels qui ont entre deux et sept ans de travail déjà signé.

C'est en Europe que la dynamique est la plus marquée : budgets allemand et français en forte hausse, plan européen de 800 milliards d'euros, et des règles qui favorisent les industriels du continent. Les ETF défense européens (WDEF, GUARD, DEFS) sont ceux qui y sont le plus directement exposés, et GUARD est le seul à entrer dans un PEA.

Vingt et un ETF défense, que l'on appelle aussi ETF armement, permettent d'investir dans le secteur depuis la France, mais quatre concentrent 86 % des encours.

Derrière le même mot « défense », les compositions diffèrent fortement : de 15 % à 45 % d'aéronautique civile, de 24 à 45 lignes, Europe seule ou monde à moitié américain.

Après +151 % en trois ans, le secteur a montré en 2026 qu'il pouvait aussi baisser : -10 % en un mois pour les ETF en septembre, -44 % pour Rheinmetall depuis son plus haut. C'est un placement en actions concentré, qui se juge sur plusieurs années.

Pour aller plus loin sur les ETF et l'univers de la défense :

 

Communication à caractère promotionnel. Investir comporte des risques de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les informations de cette page ont un caractère pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Consultez le DIC de chaque produit avant d'investir.

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